En me réveillant, je sentis une atroce douleur dans ma jambe, comme si on y avait planté des clous sur toute la longueur. Mon compagnon était éveillé et, voyant mon état, bien qu'il fut encore très tôt, il décida de partir. Je me servais d'une branche en guise de béquille, je ne pouvais donc pas porter mon paquetage sans me briser le dos. Je ne pris que ma dague, achille doit aujourd'hui reposer sous le lierre.
Le voyage ma fatiguait grandement du fait de ma douleur, ce qui entraîna bientôt une fièvre. Mon genou a gonflé, il y avait infection.
Rien n'allait mieux pour Oklim qui devait porter le paquetage et qui en plus devait utiliser son énergie magique pour déplaçer le lourd marteau.
Bien qu'il n'y eut que six lieues de marche, nous arrivâmes tous deux exténués aux chevaux.
Oklim me présenta rapidement le garde de la guilde. Il me semble qu'il s'appellait Kotak.
Il s'occupa d'atteler le marteau aux trois chevaux. Nous nous hissâmes, Oklim et moi, tant bien que mal sur deux d'entre eux. Oklim rentra dans cette sorte d'attitude de repos que les mages utilisent pour recouvrer leur énergie. Kotak décida de faire une partie du voyage a pieds pour ne pas trop fatiguer les chevaux.
Nous étions en plein été et le soleil assomant de midi profita de ma faiblesse. Au bout de deux heures, j'eus l'impression que ma tête allait exploser. Je tentais de résister à ce mal mais il était difficile de supporter les deux douleurs à la fois.
Quand le soleil se coucha satisfait de son forfait dans notre dos, je vacillais dengeureusement entre coma et lucidité. Je sentais que j'allais sombrer. Je me rapelle avoir poussé un gémissement qui avait sortit Oklim de sa léthargie. Avant de tomber à bas de mon cheval il me semble que j'entendis vaguement un bruit de galop. Puis je sombrai dans le coma en pensant à l'arrivée triomphale que j'aurais faite si j'avais retiré mes jambes à temps.
Je ressentais de la chaleur... Je devais être mort. Mes paupières semblaient filtrer un intense lumière, sans doute celle de dündelkamp, le monde des morts valeureux. Il me semblait être allongé sur quelque chose de mou, ces sensations combinées me rappellaient quelque-chose de familier.
Machinalement, je me levais. Je ne ressentis étrangement aucune douleur a la jambe. Je regardais en face de moi. Je vis par la fenêtre la célèbre Tour de Lumière, j'étais dans ma chambre d'interne au centre d'entraînement physique. Je ne pouvais être à dündelkamp, je connaissais trop cette chambre. J'y vivais depuis cinq ans, auparavant j'étais pendant cinq ans au centre d'études théoriques et encore avant jusqu'à l'age de dix ans dans le château de trimyan, nous y reviendrons plus tard.
Je me regardai dans mon miroir. Je m'étais amaigri. Je devais avoir une taille de cinq pieds. J'observais mes cheveux blonds et courts, ils ne me plaisaient pas mais c'était une obligation pratique pour les guerriers. J'étais plutôt fin, pas musclé comme un titan mais pas squelettique non plus. Les guérrisseurs de la Tour avaient encore fait des miracles! Je n'avais aucune trace de blessure.
On frappa à la porte de ma chambre:
- Bonjour Messire. C'était le messager de Trimyan, Doddly. Trimyan vous convoque pour dîner avec lui, dit-il respectueusement.
- Dîner? Répondis-je, surpris.
- Vous avez dormi deux jours, comme prévu par les guérrisseurs. Il est dix-neuf heures.
- Dîtes-lui que j'arrive dans une heure, dis-je avant de le congédier.
Je ne pouvais savoir l'heure car on ne peut appercevoir le soleil quand on est à moins de dix lieues de la Tour, du fait de sa luminosité magique. La Tour avait été ensorcelée par ses mages constructeurs, elle reflétait dix fois la lumière du soleil.
Je me dévetis de mon vêtement de sommeil que les guérrisseurs m'avaient sans doute enfilé pendant mon coma. Après une douche dans la salle de bains adjacente à ma chambre, je revêtis l'uniforme rouge des guerriers. Je ceignis ma dague à ma ceinture au cas où.
J'étais impatient de savoir comment j'étais arrivé jusqu'ici.